La nouvelle guerre du Golfe, qui a commencé le 28 février 2026, a mis en évidence la dépendance de l’économie libanaise aux économies des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) en raison de la présence massive d’expatriés libanais dans ces pays et du fait que ces pays sont la destination d’une partie importante des exportations agricoles libanaises et de celles de certains secteurs industriels. Elle rappelle le montant considérable des remises de ces expatriés, par les canaux officiels aussi bien qu’en liquide, et le rôle essentiel qu’ils jouent dans le développement du secteur immobilier et du secteur de l’hôtellerie et de la restauration lors de leurs retours temporaires dans leur pays d’origine. Mais elle rappelle aussi le rôle beaucoup moins connu du Liban comme plaque tournante dans le commerce international de l’or entre l’Afrique de l’Ouest, où la diaspora libanaise est solidement implantée, les Émirats Arabes Unis et la Suisse. Ce commerce d’un bien essentiellement monétaire, et dont les statistiques doivent être, par conséquent, prudemment séparées des autres statistiques commerciales, est une source d’enrichissement considérable pour les diasporas concernées, et donc une source de remises importantes, mais aussi une source d’enrichissement pour la population résidente vu les évolutions récentes du cours de l’or.
Sur le plan de l’énergie, la nouvelle guerre du Golfe met en évidence la dépendance du Liban aux marchés internationaux puisque l’essentiel de ses approvisionnements en produits énergétiques se fait auprès de raffineries européennes, ce qui a déjà provoqué une très forte hausse du prix des hydrocarbures et une forte poussée inflationniste, et exposera le pays à un grave danger en cas de pénuries internationales.
La guerre remet aussi en évidence la structure communautaire du pays puisque les expatriés dans les pays du CCG appartiennent à toutes les communautés sauf la communauté chiite, interdite d’accès, alors que la diaspora d’Afrique de l’Ouest est aujourd’hui constituée, en grande partie, de membres de cette communauté. Si les premières souffriront le plus du ralentissement économique dans les pays du CCG, la seconde n’aura pas assez des remises qu’elle recevra de ses propres expatriés pour survivre aux terribles destructions qu’elle aura subies en raison de la guerre entre Israël et le Hezbollah que la guerre du Golfe a provoquée dès le 2 mars. Le fait qu’elle ait été contrainte de se reloger dans les parties du territoire habitées par les autres communautés opère, cependant, un transfert de richesse qui atténue, pour ces dernières, l’impact de la guerre du Golfe.
Cependant, cette guerre a également mis en évidence un avantage majeur du Liban, à l’heure où les ports situés sur le Golfe sont paralysés et la situation du détroit de Bab-el-Mandeb incertaine: le transport par voie terrestre. Les exportations agricoles libanaises se voient ainsi libérées de la très forte concurrence des produits européens ou américains qui arrivent par la mer et les volumes exportés n’ont pas tardé à bondir, quoiqu’à des prix en forte baisse, reflet de la situation dégradée des pays du CCG. La décision de l’Arabie, annoncée le 10 juin dernier, de ré-autoriser les exportations libanaises, interdites depuis 2021 pour des raisons politiques, a mis en évidence cette nouvelle dépendance réciproque des pays du CCG et du Liban et offert de nouvelles opportunités à ces exportations.
Статья опубликована в рамках LXXI сессии российско-французского семинара по денежно-финансовым проблемам современной российской экономики. Позднее будут опубликованы все материалы семинара, включая видео выступлений.